5 règles d’or pour faire germer vos graines

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Confinement oblige, on revoit les bases ! Semer des graines peut parfois sembler complexe et incertain pour les débutants. Pourtant, les graines sont programmées pour germer dès que certaines conditions sont réunies. Et la plupart du temps, dans la nature, les graines n’ont pas besoin de nous pour faire leur travail. Tout ce que vous avez à faire est favoriser l’éveil, on fait le point ! Vous débutez en jardinage ? Recevez chaque mois dans votre boîte aux lettres des graines bio à semer et l’accès à notre groupe d’entraide (abonnement sans engagement à 14,80€/mois).

Les stratagèmes des graines pour se déplacer

Les graines d’érables ont développé des ailes pour être portées par le vent

Dans la nature les graines se dispersent grâce à leurs fruits mangés par divers animaux ou grâce à de multiples inventions qui les aident à se disperser. Le vent à titre d’exemple, emporte les samares des érables loin du point d’origine et les enfants terminent la course en les utilisant comme hélicoptère. Les chiens, renards et autres animaux transportent les graines des gaillets grâce aux crochets dont elles sont munies, les oiseaux et mammifères mangent les fraises, cerises ou mûres et les dispersent après digestion… Chez la cardère (herbe à carder la laine) les graines sont capables de germer dans leur propre fruit !

Règle n°1 : mettre la graine dans des conditions favorables

Germination d’une graine de fève

Pour faire germer une graine vous devez respecter les conditions suivantes qui varient plus ou moins d’une variété à une autre :

• Une température ambiante

• Humidité du sol ou du terreau

• Aération du sol

Avant la levée de la plantule, la température est le facteur de réussite le plus important. A défaut d’un minimum, les graines ne germent pas. L’orge pas exemple ne germera pas à moins de 4°C, le maïs 9°C, la courge 14°C etc. Pour un grand nombre de plantes, dont les légumes, 18 à 22°C sont des températures optimales. Le fait de semer sous-abri permet un contrôle de la température et une bonne réussite.

La lumière doit être présente, au moins à un minimum, car la plupart des espèces et variétés la demandent pour germer (elle agit positivement même au travers d’un terreau ou de particules de terre). Les terreaux de semis sont conçus de façon à agir doublement. A la fois ils retiennent efficacement l’eau qui permet la germination mais de plus ils sont aérés (présence de sable ou perlite, etc.) ce qui préserve la graine du pourrissement.

Règle n°2 : respecter les besoins de la graine

germination_graine

Au delà du climat, il faut aussi respecter quelques besoins de la graine :

• Profondeur de semis : utiliser un plantoir

• Espace entre graines : utiliser un semoir à graine

• Nécessité de tassement de la terre

La profondeur du semis est très importante. Assez souvent on enterre la graine à une profondeur qui correspond à 2 à 3 fois son diamètre. Il s’agit d’une indication. Ainsi les graines très fines (bégonia, saintpaulia, etc.) ne sont pas recouvertes mais sont mises à l’étouffée. Au dos du sachet de graines figurent les conditions de la réussite (type de sol, date de semis, profondeur de semis, temps de levée, écartement en tous sens, tassement plus ou moins prononcé, etc.). Les graines vendues dans le commerce ont une durée de vie limitée, programmée par les gènes qu’elles contiennent. Cette durée de vie varie d’une plante à l’autre.

Un simple test de germination, en cas de doute de la validité de graines, permet de savoir si elles sont bien vivantes : il suffit d’en semer un peu entre des feuilles d’essuie-tout maintenues humides pendant toute la levée, qui intervient généralement dans un laps de temps compris entre 1 à 3 semaines.

Règle n°3 : contrôler régulièrement l’humidité du terreau

Godet en tourbe

Placée à la bonne profondeur, la graine doit trouver l’oxygène nécessaire à sa respiration. En conséquence, si le terreau est trop humide, « noyé », la graine s’asphyxie et meurt. Le lit de semence – partie superficielle où est déposée la graine – doit être en rapport avec la grosseur de la graine. Les professionnels le résument: « La granulométrie de la terre ou du terreau doit être identique à la grosseur de la graine. »

À l’inverse, une graine ayant germé puis se trouvant entourée de terreau sec pendant trop longtemps va faner sa jeune pousse et sa racine, dessécher puis mourir très vite. Cette situation se produit lorsque le jardinier – trop distrait ou à la suite d’un absence trop longue – n’a pas assuré les arrosages réguliers. Ces alternances sécheresse/humidité peuvent aussi entraîner la fonte des semis.

L’idéal est d’arroser après vérification manuelle du substrat, avec une eau à température ambiante, si possible par capillarité (de l’eau versée sur une hauteur d’un 1/2 cm, au fond d’une coupe, dans laquelle ont été disposés des godets par exemple), car ce système diminue les attaques de champignons, de type fonte des semis par exemple. Il est aussi possible de pratiquer des bassinages afin d’augmenter le taux d’humidité de l’air s’il est trop sec.

Règle n°4 : contrôler l’exposition des jeunes pousses à la lumière

jeune_pousse_citronnier

Dès l’apparition des jeunes tiges vertes, le jardinier doit leur assurer la présence de lumière, cela évite l’étiolement des fragiles plantules (les tiges filent en hauteur et sont maigrelettes). Pour éviter l’étiolement, il existe une seconde astuce. Il faut semer assez clair. Dans le langage des jardiniers cela signifie que les graines sont espacées les unes des autres. Cet espace varie énormément : une graine de bégonia (50 000 graines par gramme) comparée à celle d’un haricot (2-6 graines par gramme) c’est un peu la souris face à l’éléphant ! Le repiquage suivi d’un empotage permet également de lutter efficacement contre l’étiolement du semis. Semer sous abri (serre, châssis, ombrière, film plastique, film géotextile, etc.) permet de se prémunir des inconvénients liés au vent, précipitations, soleil excessif. Cela permet aussi de récolter avec de l’avance ou hors saison.

Règle n°5 : utilisez les astuces des jardiniers

Le trempage

Cette technique qui consiste à tremper des graines dans de l’eau froide ou tiède permet d’activer et de régulariser la germination. Le temps de trempage varie de 4-6 h à 12-48 h.

La scarification

Les téguments de certaines graines sont si coriaces que leur usure est parfois nécessaire au passage de l’eau et de l’oxygène, éléments indispensables à la germination.

Parfois il suffit d’agiter les graines mélangées à du sable. Il est possible d’atteindre le même but en plongeant la graine dans de l’acide sulfurique plus ou moins dilué. Du papier de verre ou une meuleuse électrique (graines dures comme celles du lotus, acacia, néflier, caroubier…) sont également indiqués, selon le cas.

La stratification

Il s’agit ici de placer les graines au froid et à l’humidité pendant un séjour plus ou moins prolongé. En pratique les graines sont mélangées à du sable humide, le tout mis dans une terrine, caissette… entouré d’un grillage protecteur des rongeurs et placé en plein-air; la pluie doit agir. Graines concernées: pommier, rosier, sapin, aubépine, etc. Le temps de la stratification est de 1 à 3 mois selon la plante.

Ces opérations jouent sur les dormances des graines; ces dormances jouent sur les téguments et le « sommeil » de l’embryon (on parle de dormance tégumentaire ou embryonnaire).

Fragmenter les semis

On ne le dira jamais assez: semez en 2 à 3 fois le contenu du sachet de graines, surtout si vous êtes novices! Cela permet d’étaler la récolte sur une période plus longue et cela relativise un échec… que tout jardinier connaîtra tôt ou tard.

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Commentaires

    Bonjour et merci pour ce super blog et ses super articles toujours aussi utiles !!
    Je vous lis depuis déjà quelques semaines et j’apprécie réellement la qualité des articles. Possédant moi-même un jardin suffisamment grand pour planter, je me suis lancé dans la culture du jardinage et du potager ce qui n’a pas été de tout repos ! J’ai eu beaucoup de problèmes de pucerons ou encore de limaces et à ce moment là il y avait beaucoup de choses que j’aurais aimé savoir. Encore merci pour ces articles intéressant qui permettent d’en apprendre tous les jours !
    Eloïse.

    Répondre

    bonjour ,merci pour ses articles bien utiles ,cela fait 50ans que je jardine et j’apprend encore à ce jour ,le jardinage est un perpétuel recommencement car il peut y avoir beaucoup d’intervenant et une année n’est pas l’autre , mais à la longue on en tien compte , s’est une vraie passion ,j’ai toujours nourris ma famille avec des légumes et fruits de mon potager ,aujourd’hui nous somme plus que nous deux et je continue à donner à mes enfants amis ainsi que voisin le surplus de mes récoltes , PS Belgique ( liège)en campagne ,A+

    Répondre

    Depuis plus de vingt ans, je rêve d’avoir un potager.
    Je l’ai à présent, mais, sans jeu de mots, j’ai peur de me planter . . .

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    Bonjour
    Oui c est intéressant mais on voit que sur un même sujet il y a des approches différentes sur le réseau
    Les méthodes ancestrales ou plus récentes aboutissent à des résultats mitigées
    Je pense que le jardinier doit rester modeste et patient vis à vis de la nature
    D autant que l évolution du climat dans les différentes régions peut conduire à faire évoluer nos certitudes en la matière
    Par exemple dans le 06 les graines de nèfles n ont vraiment pas besoin de scarification et deviennent en quelques jours naturellement de beaux plants une fois tombées à terre
    Par contre dans notre région faire de beaux plants de salades persils basilic céleris procède au miracle
    Peut on avoir des photos espacées de quelques jours de ces semis avec espacement profondeur arrosage température en commentaire
    Merci et bon jardin

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    ESSE QUE L ON PEUT SEME DES GRAINES DE FLEURS DE BOUTON D OR EN TOUTES SAISON DANS DES POTS SUR SON BALCON

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    C’est super, etant Ir agronome nous avons besoin de connaitre quand on a l’occasion surtout nous ici en RDC nous avons becp de defits a relever….merci

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    Bonjours je veux faire germer des graines de (Moringa) arbre du bresil .sachant que j’habite dans le minas (Uberaba ).quelqu’un peut il m’aider? Merci à vous…

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