7 petits fruits faciles à cultiver

Sur un balcon, une terrasse ou en pleine-terre, les petits fruits comme les fraisiers, framboisiers ou encore arbousiers sont faciles à cultiver et délicieux. Ils nous apportent leurs arômes, jus sucrés et pleins de vitamines ! Peu encombrants, aisés à multiplier et productifs, voici (après une brève introduction) le portrait croisé de quelques-unes de ces pépites, ainsi que les trucs et astuces qui conviennent à leur culture, récolte et transformation.

Une famille nombreuse

Le fruit du coqueret du Pérou

Dans la catégorie des petits fruits figurent bien sûr les poids lourds, ceux que chacun connait, au moins par leur nom commun. Ce sont les mûres, framboises, cassis, groseilles, fraises, caseilles (hybrides entre le cassis et la groseille à grappes), raisin et myrtille. D’autres fruits se rajoutent, moins connus, principalement parce qu’ils sont  d’introduction récente ou méconnus par les usages culinaires qu’il est possible d’en faire. En voici quelques-uns que nous citerons par leur nom de genre, du fait qu’ils sont surtout connus par la plante qui en porte les fruits: arbre aux faisans, cornouiller mâle, arbousier, éléagnus, coqueret du Pérou, goji, sureau. La majorité de ces fruitiers sont disponibles en jardinerie, chez des particuliers (troc) et dans des associations de jardinage.

Pourquoi les cultiver?

Tout d’abord pour le goût et les couleurs! Rouge, noir, bleu, blanc, rose, orange… les petits fruits ravissent d’abord les yeux puis, très vite, les papilles. Selon la nature du fruit, le doux, l’acidulé, l’amer… le sucré titillent notre palais. Ensuite pour la longue durée de production qu’ils nous offrent, particulièrement si nous jouons sur la complémentarité des genres, des espèces et des variétés.En clair la production s’étale de mai (fraisier, etc.) à décembre (raisin) et ces végétaux ne nécessitent que peu de place pour produire. Mais aussi pour leur coût modique à l’achat… à condition de prendre la précaution de les acheter au stade jeune plant (l’idéal: des plantes en godet ou petit pot ou à racines nues). Enfin, et c’est la cerise sur le gâteau, pour leurs effets positifs sur la santé, sachant qu’ils renferment quantité de d’antioxydants, de vitamines et oligo-éléments. N’oublions pas non plus qu’ils sont imbattables concernant le rapport place occupée/quantité de fruits produite.

Comment les multiplier?

La bouture de bois sec, idéale pour les petits fruits

Semis, bouturage, marcottage et éclat de touffe sont les procédés les plus utilisés pour multiplier les petits fruits. Le semis concerne le fraisier des bois, le coqueret du Pérou (Physalis), le goji, le noisetier, le cornouiller mâle, le sureau, etc. Cette opération a lieu de préférence au printemps, dans un terreau de semis fait maison ou acheté en jardinerie. Le bouturage, qui nécessite un mélange sable-terre de jardin ou d’un terreau de bouturage, est très simple à réaliser. Il concerne la majorité des petits fruits: cassis, groseilles variées, caseille, raisin, éléagnus, mûre, etc. Des rameaux de l’année précédente servent de point de départ de la nouvelle génération. Coupés, ils sont connus sous le nom de boutures de bois sec. Le marcottage concerne les plantes qui présentent des branches basses et assez souples pour être couchées dans la terre: noisetier, vigne, groseillier, etc. L’éclat de touffe concerne surtout le framboisier et, dans certaines conditions, le myrtillier.

Culture en bac, sac, pot

Cultiver un petit fruitier en ville, sur balcon, rebord de fenêtre (pour ceux qui sont de petite taille, tel le fraisier ou le goyavier du Chili) ou terrasse, constitue un jeu d’enfant. Avant de procéder à la plantation il faut s’intéresser à la qualité du terreau. L’idéal consiste à mélanger 1/3 de terre de jardin à 1/3 de terreau de plantation bio et 1/3 de compost bien mûr. Pour le jardinier qui souhaite se simplifier la tâche, ou qui ne peut disposer facilement de ces matières premières, le plus simple consiste à acheter un terreau de plantation bio enrichi en algues (ou compost, ou fumier varié). Ceci fait, ce substrat est déversé dans une poubelle (ou autre récipient) dont le volume est à peu près égal à celui du contenant (bac, sac, pot). De l’eau y est versée afin de bien imbiber le terreau. Le fond du contenant est alors garni d’une couche drainante (gravier, billes d’argile, tessons de poterie…), sur quelques 5-7 centimètres, laquelle est recouverte d’un feutre géotextile afin d’éviter la migration des particules fines du terreau vers le fond. Ne reste désormais qu’à verser une partie du terreau, à y placer les racines nues (ou la base de la motte s’il s’agit d’un plant en pot) et rajouter du terreau. La partie supérieure de la motte (ou du collet) doit être située à 7-8 cm en dessous de la partie supérieure du pot, ceci afin de disposer d’espace pour rajouter, de temps à autre, un compost nutritif lui même recouvert d’un paillage.

1. La groseille à grappes

Blanches, roses ou rouges: à vous de choisir! Convenablement entretenu cet arbuste peut vivre 15 à 30 ans et produire des dizaines de kilos de fruits (3-4 kg/an) sans broncher: les parasites l’affectent peu. Les fruits se forment sur les rameaux âgés de 2-3 ans. Il faut donc faire cohabiter les pousses jeunes et plus âgées. En pratique, à la plantation, tailler à la base 2-3 tiges; ces dernières donneront naissance aux pousses de l’année. Dans 2 ans les branches de plus de 3 ans seront supprimées: l’arbuste présentera alors un équilibre optimal, portant des rameaux de 1, 2 et 3 ans.

2. Le myrtillier

Deux à quatre kilos de fruits par plant. Contrairement au myrtillier sauvage, son cousin américain aime le soleil. La floraison s’étale sur plusieurs semaines et résiste à des froids importants (jusqu’à – 5 °C), ce qui a pour conséquence un étalement identique de la récolte des fruits. Bien mené le myrtillier à corymbe peut porter des fruits dès la 2ème année de plantation. Les fruits sont regroupés par paquet de 5 à 10 baies. La belle coloration bleue intervient 3 à 7 jours avant la maturité complète. Attention aux oiseaux qui raffolent de ce fruit : la pose d’un filet installé avec soin s’avère indispensable !

3. Le framboisier

Un délice, cette framboise ambrée!

Sa plantation se fait à partir de rejets/éclats – il ne se greffe, ni ne se bouture- qu’il est facile d’arracher en automne ou hiver, muni d’un morceau de racine et que l’on sépare du pied-mère au sécateur. A repiquer aussitôt, en coupant le rejet à 10 cm du sol. Les tiges naissent dès le printemps qui suit, rapidement porteuses de fleurs blanc-rosé, au nectar abondant et attractif, que les bourdons indifférents au froid et autres insectes se chargent de polliniser.

4. Le fraisier

La fraise des bois se sème facilement.

Peu exigeant quant à la nature du sol le framboisier préfère tout de même une terre fraîche, pauvre en calcaire et riche en humus. A l’inverse une terre trop légère peut le faire souffrir lors d’un été sec. Il faudra alors pailler le sol, tôt en saison, afin de limiter l’évaporation du sol qui rend les fruits si peu généreux en pulpe. Dans la nature, les framboisiers abondent dans certaines zones montagneuses, à la lisière des forêts des pays nordiques ou, surprise, dans le cratère de Mafate à l’île de la Réunion.

5. Le cassissier

Récoltes abondantes garanties avec cet arbuste!

 

Le cassis contient 10 à 15 % de sucre et beaucoup de potasse (325 mg/100g). Les feuilles ont le revers tapissé de glandes odorantes qui parfument tout l’arbuste. Des expériences menées sur divers animaux (chat, lapin, rat, souris) mettent en évidence que cette plante devrait avoir sa place au jardin pour les nombreux effets positifs qu’elle induit. Ses feuilles ont un effet diurétique net et réduisent la tension. De plus, prises en infusion, elles sont anti-inflammatoires. Les fruits, enfin,  exercent une protection sur la paroi des vaisseaux sanguin et améliorent la vision nocturne.

6. La vigne

Surtout ne pas lui laisser le champ libre. N’importe quel vigneron vous le chanterait sur tous les airs: la vigne est coureuse, il faut jouer du sécateur, à défaut de quoi elle prend vite le maquis. Bon an mal an, cette vigne étant affranchie des aléas climatiques, la production atteindra sans difficulté quelques dizaines de kilos. Il sera possible de réserver quelques belles grappes afin d’en faire du raisin de paille. Séchées sur chaume, au fond d’une cagette, dans un local aéré et aussi sec que possible, ces grappes vont perdre leur eau et se concentrer en sucre. Ce nectar sera dégusté aux fêtes de Noël.

7. L’arbousier

Décoratif et fructifère: généreux, l’arbousier.

 

Cet arbuste produit les arbouses, dont Pline disait avec aplomb qu’elles étaient un proche parent des fraises (« c’est le seul fruit qui vienne à la fois sur arbuste et sur une plante grimpante »). Le fruit est d’abord vert, vire à l’orange et devient, à maturité, rouge écarlate. Selon certains, la chair de l’arbouse est insipide. Toutefois, particulièrement lorsqu’elle bénéficie d’une période ensoleillée, d’autres -François Couplan en tête- la considèrent comme aromatique et sucrée. A chacun de trancher!

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