Permaculture | Les 7 règles d’or d’un jardinier

Comment créer un jardin accueillant, vivant et fertile ? Permaculture, le mot est sur toutes les lèvres depuis quelques années, à la campagne et à la ville. Est-ce le modèle qui assure des récoltes de qualité ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle permet – en s’appuyant sur du bon sens – de vivre différemment l’art du jardinage, en s’éloignant résolument du « tout pétrole ». Notons que la conversion à la permaculture se fait généralement petit à petit, par étapes.

La permaculture est une façon de produire sa nourriture – légumes et fruits – à proximité de chez soi, de manière durable, c’est à dire en respectant la terre et les animaux qui y vivent. Le jardinier permaculteur s’efforce donc de s’adapter aux conditions de sol, de climat, de milieu, afin de récolter des végétaux sains dont lui-même, ses amis et voisins peuvent profiter. Les écosystèmes naturels servent de modèle : l’observation de la nature (forêt, prairie, etc.) aide à la compréhension des relations entre humains, animaux, végétaux et milieu environnant au sens large.C’est à la fin des années 1970 que deux australiens posent les bases du concept de Permanent agriculture, expression anglaise signifiant « agriculture permanente », au sens d’agriculture durable, car tous les gestes exécutés par le jardinier ne doivent avoir aucune répercussion négative vis à vis des générations futures et actuelles, ainsi que sur la terre.

1. Se poser, observer, puis agir

visage végétal
Aux jardins perdus de Heligan au Royaume-Uni

Cette 1ère étape est importante car elle évite au jardinier de commettre des erreurs. Il est inutile de se mettre en action si l’on a pas, tout d’abord, repéré les contraintes et atouts du jardin. En voici quelques exemples. Quelle est la nature du sol ? Quelles sont les zones d’ombre aux différentes heures de la journées ? À l’ombre on peut planter/semer l’échalote, le persil, la laitue, etc. Au soleil profiteront le thym, la tomate, l’aubergine, etc. D’où vient le vent ? Les plantes grimpantes, celles aux tiges fragiles doivent être protégées. Il peut être judicieux d’installer une palissade, une haie, etc. à tel endroit. Le jardin est situé sur le lieu de passage d’animaux ? Les chats, chiens, oiseaux sont susceptibles de causer des dégâts ? Comment s’y préparer, dès lors ?

2. Observer les alentours

Le jardin n’existe pas à lui seul. Ici encore, ouvrir les yeux permet de se rendre compte que cet espace dépend de ce qui l’entoure : des insectes viennent polliniser les légumes et autres fruitiers ou plantes aromatiques ; les plantes sauvages qui se sèment spontanément indiquent la nature du sol (jonc : humide ; achillée millefeuille : sol basique ; bruyère ou fougère : sol acide…). Les voisins jardinent ? Il suffit de constater leurs échecs et réussites, leur choix de plantes et d’en discuter avec eux, cela fait gagner pas mal de temps !

3. Quelles sont les matières récupérables ?

Jardinier sous abri
Travail sous abri à Kylemore en Irlande

Selon la situation du jardin (ville/campagne, pleine-terre/hors-sol, plein-air/sous-abri) les besoins sont différents. Comme la permaculture pose le principe du non gaspillage des matières et de l’énergie comme une priorité, toute les recherches iront dans ce sens. En voici quelques illustrations. Le terreau, les matières organiques, sont l’or brun des plantes : non loin du jardin il convient de récupérer les feuilles mortes, le compost mis à disposition par une municipalité futée et généreuse… mais aussi les déchets de sa propre cuisine, tonte de gazon, le bois broyé de ses arbustes, etc.

4. Valoriser le moindre espace

agencement balcon potager
Agencement de son balcon potager

Particulièrement dans les petits jardins ou sur balcon, l’astuce générale consiste à tirer parti, comme dans une forêt, de tout l’espace disponible. Les championnes dans ce domaine sont les plantes grimpantes et celles qui peuvent être tuteurées. Les haricots grimpants, la vigne, le maïs, la tomate, le melon… seront palissés contre un mur ou une clôture, un tipi ou, enfin, fixés à un tuteur simple, double ou triple. En bordure de carrés de jardin, de bacs ou de massifs, planter les végétaux de petit volume, tels le thym, le fraisier, la mâche, la ciboullette… Les abris (chassis, tunnel, serre…) permettent de densifier les productions mais aussi de cultiver et récolter à la mauvaise saison : salades automnales et hivernales, mâche, navets, radis, physalis, roquette, etc.

5. Rendre à la terre ce qu’elle a donné

Le composteur est le meilleur allié d’un jardinier en permaculture

Que cela concerne la pleine-terre, la culture en serre (particulièrement) ou la culture en bac-poterie, une grande règle agronomique s’impose, celle de la restitution au sol des éléments qui y ont été prélevés. Toute plante ou fruit récolté « exporte » des minéraux contenus dans le sol. Pour rétablir la balance et maintenir ainsi la fertilité de la terre, il faut lui apporter – environ 3 à 5 kg/m2 – de matière organique, annuellement. Ceci sous la forme de paillage, compost… apportés en surface. Ces matières organiques vont partiellement se décomposer sous l’action de vers, champignons, bactéries, sans même qu’il soit utile de bêcher le sol. Une partie est minéralisée directement, libérant des sels nutritifs (azote, phosphore, potassium, calcium…) pour les plantes. Le reste est transformé en humus, matrice de la terre, qui agglutine les particules de terre, retient l’eau, augmente la perméabilité et stimule la vie souterraine.

6. Créer un écosystème équilibré et varié

Comme dans un milieu naturel, le jardin gagne à être varié par les plantes que l’on y trouve. Les plantes indigènes y ont leur place. C’est facile : il suffit d’observer la végétation autour de soit et de planter quelques exemplaires de ces plantes locales qui attireront pollinisateurs et oiseaux locaux. Par ailleurs, plantes potagères et arbres/arbustes/vivaces fruitiers et ornementaux auront tout intérêt à être mélangés. Cela brouillera la piste des bio-agresseurs et invitera les insectes (90 % sont utiles au jardin) et oiseaux auxiliaires à y vivre. Au bout du compte, les cultures seront bien moins vulnérables. Par ailleurs le jardinier permaculteur laisse volontiers une ou plusieurs zones du jardin en friche : quelques m2 d’herbes folles et une vieille souche abandonnée hébergent coccinelles, syrphes, perces-oreille, etc.

7. Partager avec les amis et voisins

La permaculture, qui vise à harmoniser les rapports de l’homme avec la terre, les animaux, l’environnement, ses semblables, se fait dans le partage. Partage des connaissances, des fruits et légumes, des plants, des livres, des trucs et astuces qui facilitent la vie. Tout cela fait de cette nouvelle approche un projet fiable, stimulant, de bon sens et qui redonne le sourire au jardinier.

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