Glyphosate : 5 alternatives pour les jardiniers

Au 1er janvier 2019, les herbicides – mais aussi tous les autres pesticides de synthèse – seront interdits à la vente au particulier. Comment mettre en place des solutions alternatives au désherbage chimique ? Comment s’adapter à cette révolution technique ? C’est l’objet de ce dossier.

Le glyphosate, un produit phare

Cet herbicide, souvent vendu sous le nom commercial de « Roundup », est pulvérisé sur le feuillage des plantes à détruire. Il franchit les parois cellulaires, se retrouve dans les vaisseaux de circulation de la sève brute et atteint ainsi tous les tissus de la plante (action dite systémique). Son mode d’action est terriblement efficace : il détruit une enzyme responsable des réactions biologiques et chimiques au cœur des cellules. Résultat, les plantes traitées meurent généralement en 2-3 semaines. Tout irait pour le mieux s’il n’y avait pas un sérieux hic ! En effet, le glyphosate et de très nombreuses autres matières actives d’origine chimique sont fortement soupçonnées d’être cancérogènes et/ou d’entraîner d’autres désordres dans notre organisme. A titre d’exemple, la maladie de Parkinson est désormais reconnue comme maladie professionnelle chez les agriculteurs, maraîchers, pépiniéristes, toutes professions qui utilisent régulièrement des insecticides.

Le jardinier amateur, un modèle à suivre ?

On pourrait penser que le jardinier amateur est vertueux. Ça tombe même sous le bon sens puisqu’en jardinant il prend soin de son petit paradis personnel, de son environnement proche, soucieux, en bon père de famille, de la santé des siens. Or, il n’en est rien ! Tout d’abord quelques chiffres. L’ensemble des jardins particuliers de France – c’est une surprise pour beaucoup – a une superficie un peu supérieure à celle de la totalité du vignoble français, soit 1 million d’hectares. Sur ce million d’hectares, bon an, mal an, le jardinier amateur disperse environ 4 à 5 % du tonnage (3000 tonnes environ) des pesticides vendus dans l’hexagone… pour une surface entretenue ou cultivée (potager) qui n’équivaut qu’à 2-3 % de la surface totale utile cultivée dans le pays. En clair, l’amateur traite encore bien plus que l’agriculteur, pourtant déjà largement décrié. Les raisons qui expliquent cette surconsommation sont nombreuses et varient d’un jardinier à l’autre. Déni de la dangerosité de ces produits, mauvais calcul de dosage, volonté délibérée d’assurer l’efficacité de la pulvérisation (« J’en met un peu plus comme ça je suis sûr que ça va marcher ! »).

Qu’est-ce une mauvaise herbe ?

pissenlit
Le pissenlit à racine pivotante peut être retiré à l’aide d’une tige en fer

Tout dépend du point de vue. Le pissenlit est tout à la fois une adventice (qui remplace souvent aujourd’hui le terme mauvaise herbe ) indésirable lorsqu’il pousse dans une allée mais aussi un légume lorsqu’il est cultivé dans le potager. C’est également une herbe médicinale propre à stimuler le fonctionnement de la vésicule biliaire et qui permet la décongestion du foie. Pour un chardonneret, enfin, c’est un excellent pourvoyeur en graines riches en nutriments. On voit que la réalité est moins simple qu’il n’y paraît. Entretenir et créer un jardin au naturel c’est apprendre, chaque jour, à élargir sa vision du mode végétal (et animal) afin de permettre la mise en place d’un équilibre aussi harmonieux que possible. Concernant les adventices, il ne s’agit pas de les éliminer en totalité mais de les maintenir à un niveau acceptable selon la partie du jardin où elles poussent : allée, potager, massif, verger… Ceci dit, certaines herbes ont un fort pouvoir d’envahissement, dans ce cas il faut veiller au grain, les identifier puis en réduire la population. Quelques exemples éclairants : un plant d’épilobe peut porter 80 000 graines ; un pied de liseron peu s’étendre sur 25 m2 de mars à octobre.

Le paillage, une panacée ?

Paillage d'un potager
Le paillage limite la pousse spontanée des mauvaises herbes

La technique du paillage consiste à étaler, de préférence sur sol nu, un tapis de matière organique ou minérale (ardoises pilées…) . Le mot « paillage » est directement issu de paille, tige d’une céréale, qui était (et le demeure) utilisée pour recouvrir les espaces nus entre des plants de fraisiers fraîchement plantés. Aujourd’hui le paillage peut être constitué de différentes matières vendues dans le commerce: paillette de lin, de seigle, de chanvre, fèves de cacao, bois rameal fragmenté (copeaux broyés), etc. Il est également possible d’improviser un paillage efficace à partir de matières naturelles disponibles dans son jardin ou à proximité : broyat-maison, tontes de gazon, feuilles mortes, cartons, fougères aigle sèches, paille et foin, etc. Cette technique présente des avantages certains. Le paillage, à condition qu’il soit assez épais (8-10 cm), limite l’apparition des adventices en faisant obstacle à la lumière, il réduit les pertes d’eau par évaporation et lorsqu’il se décompose, enrichit la terre en matière organique.

Binette et huile de coude

Binette au potager
L’outil idéal pour se défaire des plantes adventices

C’est bien connu, selon l’adage populaire un binage vaut deux arrosages. Passer la binette dans le potager ou dans un massif permet donc d’économiser l’eau du sol… mais sa fonction première reste avant tout de se défaire des plantes adventices, qui y poussent. Pour ce faire la lame que l’on tire vers soi doit être bien affûtée. De plus le binage se fait par temps sec et de préférence lorsque la végétation spontanée est jeune. S’il pleut après le binage, mieux vaut ramasser les herbes coupées cela évite leur reprise de végétation. Enfin la longueur du manche doit être adaptée à la grandeur du jardinier.

Le désherbage thermique

Désherbage thermique
S’il est sans danger pour notre santé, le désherbage thermique n’est pas la solution la plus écologique

De nombreux modèles de ces désherbeurs existent sur le marché. Cette technique est efficace sur les herbes, au stade jeune. Dans ce cas un passage suffit, par le choc thermique qu’il provoque sur les cellules végétales, à faire flétrir, puis mourir la plante. Par contre lorsqu’il s’agit de plantes davantage développées, 3, 4 , 5 passages seront nécessaires. Enfin, les herbes à racines pivotantes profondes devront être ôtées à la gouge à asperge, barre de fer fine, ou autre outil adapté. Ce type de désherbage est adapté aux surfaces en dur : allées, cours, patios, dallages, etc. Notons enfin que l’utilisation du gaz n’est pas neutre en terme d’empreinte carbone.

La pulvérisation du mélange vinaigre blanc, sel et eau

pulverisateur-desherbant
Vinaigre blanc, sel et eau pour un désherbant sans danger

Le mélange de 3 litres de vinaigre blanc, de 0,5 à 1 kg de sel et de 2 litres d’eau, le tout chauffé modérément (60 degrés environ) puis versé dans un pulvérisateur de 5 litres permet de traiter une surface d’environ 300 m2. Le résultat n’est pas forcément définitif selon les conditions ambiantes. L’idéal, ici aussi, est de traiter par temps sec, sur herbes jeunes et à l’aide d’un pulvérisateur dont la buse de pulvérisation est en bon état de fonctionnement.

Les désherbants biologiques

De nombreux produits à base de plantes font leur apparition en jardinerie (acide pelargonique, etc.), certains attendent l’autorisation de mise en marché. Attendons d’avoir le recul suffisant pour valider leur utilisation. Les avis sur le sujet s’opposent fréquemment. EELV a notamment mis en garde les utilisateurs de désherbants bio.

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