⏰ Fête des pères le 20 juin : offez un abonnement à notre box jardinage et recevez la carte cadeau PDF immédiatement par mail ⏰

La réserve mondiale de semences du Svalbard

La Réserve mondiale de semences du Svalbard, grainothèque géante, est une chambre forte souterraine sur l’île norvégienne du Spitzberg. Ce lieu surprenant a pour but de conserver d’innombrables variétés de graines venues du monde entier de façon sécurisée et ainsi de préserver les variétés les plus communes aux plus rares.

Une histoire de conservation

Connaissez-vous le site du Spitzberg ? Situé à environ 1 120km du pôle Nord sur une île au nord de la Norvège, cet endroit a les conditions idéales pour permettre à ce projet de conservation de voir le jour. Pour ce faire, le bâtiment qui abrite toutes ces graines a été creusé dans le flanc d’une montagne de grès. D’une profondeur de 120 mètres et possédant un couloir de 100 mètres de long aboutissant sur trois salles de 256,1 m² de surface, la réserve totalise près de 1 500 m³ de volume de stockage. Cette incroyable forteresse n’est pas sous la garde la Norvège seule. Elle est gérée par un accord tripartite entre le gouvernement norvégien, l’organisation internationale « Global Crop Diversity Trust » et la banque génétique nordique (une coopération des États scandinaves sous l’autorité du Conseil des ministres nordiques). Une étude de faisabilité réalisée avant la construction a démontré que la chambre forte pourrait préserver les graines de la plupart des cultures alimentaires pendant des centaines d’années. Certaines graines, dont celles de cultures importantes, pourraient même survivre plus longtemps, sans doute des milliers d’années.

Plus de 10 000 échantillons

Tout a commencé en 1984 dans une mine de charbon abandonnée. La banque génétique nordique y stocka un germoplasme (ressources génétiques, ADN d’un organisme et les collections de ce matériel génétique) de plantes de Scandinavie au Svalbard. Cette banque génétique a ainsi entreposé plus de 10 000 échantillons de plus de 2 000 cultivars (Variété d’une espèce végétale obtenue artificiellement pour être cultivée) de 300 espèces différentes sur plusieurs années. Autre point fort : pendant quelques années, une double sauvegarde a eu lieu grâce à un échange croisé d’échantillons de graines d’Afrique du Sud et de celles de la collection scandinave. Les deux collections, scandinave et africaine, seront transférées dans l’actuelle grainothèque.

Plus de 20 ans plus tard, la construction commence. C’est le 19 juin 2006 que la première pierre est posée, en présence des premiers ministres de Norvège, de Suède, de Finlande, du Danemark et d’Islande. S’en suivit l’inauguration officielle le 26 février 2008. Près de 11 ans plus tard, le 27 mars 2017, l’Arctic World Archive, un deuxième bunker, a été construit sur l’île de Spitzberg. Celui-ci est destiné à protéger des données telles que des textes, photos ou vidéos. N’oublions pas ce moment de mai 2017 où la chambre forte a été inondée. Le pergélisol (= permafrost; sous-sol gelé dont la température ne dépasse pas 0 °C pendant au moins deux années consécutives) avait fondu à cause du réchauffement climatique. Heureusement les réserves de graines n’ont pas été endommagées.

Un projet de haute sécurité

Toutes ces précieuses graines, conservées dans ce haut lieu de conservation de la biodiversité, nécessitent plusieurs systèmes de sécurité. En premier lieu, les graines sont conditionnées dans des paquets spéciaux à quatre plis qui sont scellés à chaud afin d’éviter que celles-ci ne moisissent. Ensuite, les installations du bâtiment sont gérées par la Banque génétique nordique. A noter qu’il n’y a pas de personnel permanent sur le site. L’absence d’activité tectonique et la présence du permafrost font du Spitzberg un lieu idéal pour aider à la conservation. Se situant 130 mètres au-dessus du niveau de la mer, la chambre forte reste au sec même en cas de fonte des glaces et d’élévation du niveau des océans. Pour maintenir les graines à -18 degrés Celsius, suivant les normes internationales de conservation, du charbon est exploité localement afin de fournir de l’énergie pour les unités de réfrigération. Et même si une panne des équipements surviendrait, il faudrait plusieurs semaines avant que la température ne remonte à −3 °C, température naturelle de la roche de la montagne environnante.

Renouveler pour mieux préserver

Non l’idée principale n’est pas de laisser les semences vieillir jusqu’à atteindre leur temps de conservation maximal. Le dépôt de Svalbard est utile aux chercheurs. Il sert de sauvegarde aux semences conservées dans les dépôts de gène standard. Quand le stock des dépôts s’amenuise ou devient trop ancien, les graines sont semées et le stock est renouvelé. De là une partie des nouvelles graines est immédiatement envoyée au Svalbard qui a toujours les semences les plus fraîches possibles. Les stocks du Svalbard sont donc régulièrement renouvelés, en moyenne au bout de quelques dizaines d’années. On estime qu’environ 1,5 million de variétés différentes de graines de culture agricole existent encore de par le monde. La diversité et le nombre de graines stockées au Spitzberg dépendent du nombre de pays qui participent au projet. Les infrastructures ont une capacité de conservation de 4,5 millions de graines. Les premières graines sont parties du port de Lagos au Nigeria. 7 000 variétés de semences de niébé, maïs, soja et pois de terre, soit 330 kilos répartis dans 21 caisses, qui sont les premières stockées dans la chambre forte au jour de l’inauguration, le 26 février 2008. En 2015, quelque 4 000 espèces sont représentées par plus de 840 000 échantillons.

Une mission de préservation

Véritable arche de Noé végétale, la réserve du Svalbard a pour mission principale de fournir une protection contre les pertes accidentelles de variétés dans les banques génétiques traditionnelles. Connue pour sa possible utilité en cas d’accident ou de catastrophe régionale ou mondiale, les variétés conservées seront certainement plus probablement mises à contribution en cas de perte sur une banque génétique locale, due à une mauvaise gestion, un accident, une défaillance des équipements, une perte de financement ou une catastrophe naturelle. Des évènements pareils se produisent assez régulièrement. Certaines banques génétiques ont aussi été détruites par des guerres ou des troubles civils. Aujourd’hui, il existe plus de 1 400 collections de variétés de culture à travers le monde, mais beaucoup sont situées dans des zones politiquement instables ou dans un environnement menacé.

L'abonnement Mon Petit Coin Vert

L'abonnement Mon Petit Coin Vert

Des thématiques originales, des graines surprises et les conseils de notre professeur d’horticulture ! A partir de 12,90€ / mois.

Je découvre !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires.

13 + deux =