Pourquoi nous ne ferons pas le blackfriday ?

Dans quelques jours la frénésie consumériste touchera la France et le monde entier. Le black friday aura lieu le 29 novembre 2019. Lors de cet événement commercial, les commerçants proposent des réductions importantes pour attirer de nouveaux clients et lancer le coup d’envoi des achats de fin d’année. La surconsommation favorisant le dérèglement climatique, nous avons décidé cette année encore de bouder le Black Friday et rejoindre le Green Friday : 10% de notre chiffre d’affaires du 29 novembre 2019 sera versé à l’association « Les Amis de la Terre ». Nous encourageons nos confrères et consœurs à suivre le mouvement Green Friday, on vous explique nos motivations dans ce billet d’humeur

Des réductions comme s’il en pleuvait, quel est le problème ?

Si le succès commercial du Black Friday est incontesté, il est aussi de plus en plus controversé dans l’Hexagone et pour cause ! Les commerçants sont régulièrement épinglés par l’UFC-Que choisir pour de fausses promotions. L’association a par ailleurs relevé une réduction moyenne de 2% seulement entre le vendredi précédant l’événement et le jour J, loin des -50 à -70% affichés. Au-delà de la question éthique, on peut également se poser la question de l’intérêt des réductions à tout-va. L’initiative d’une entreprise qui propose des tarifs réduits pour éviter les invendus est légitime. Mais qu’en est t-il du Black Friday ? Son essence même est la surconsommation : les distributeurs s’entendant avec les fournisseurs sur des rabais sans forcément avoir de problématique de stock, les entreprises cherchent à tout prix la promotion qui sera plus folle que celle du concurrent.

En tant que consommateur, nous sommes naturellement sensible au prix lors d’un acte d’achat et donc aux promotions. Ceci étant, il ne faut pas perdre de vue les conséquences des prix bas sur la qualité des produits, des conditions de travail des humains qui les produisent et de l’impact d’une production low cost sur la planète. On a pu l’observer pendant de nombreuses années sur le marché alimentaire, les grandes enseignes se livrant une guerre sans pitié à grand coup de « qui est le moins cher ? ». Nous avons notre part de responsabilité en tant que consommateur. Nous exigeons le prix bas plutôt que la qualité, le prix bas encore plutôt qu’un mode de production responsable. Les conséquences sont pourtant visibles : lasagne à la viande de cheval, des traces probables de glyphosate dans le corps de tous les français, des sols agricoles stériles, désertés des vers de terre, garant d’un sol de qualité, riche en humus. Dans ce contexte, on ne peut que se réjouir du succès ces dernières années des applications type « Yuka » qui permet notamment de connaitre la composition des produits.

La surconsommation, une des causes de dérèglement climatique

L’autre problème que nous pose le Black Friday est celui de la surconsommation à l’origine de bien des maux de notre planète. Le graphique ci-dessous permet de constater l’évolution des émissions mondiales de CO2 en provenant des combustibles fossiles.

La corrélation entre croissance et émission de CO2 est presque parfaite. On constate à titre d’exemple que lors des « Trente Glorieuses », entre 1946 et 1975, les émissions de CO2 ont nettement accélérée. Lorsque l’humain se porte bien et consomme, la planète souffre. L’inverse est tout aussi vrai, la planète a pu respirer après les 2 chocs pétroliers en 1974 et 1979. L’impact environnemental de l’humain dépend du nombre de consommateurs et de la consommation de chacun d’entre eux. Le premier facteur est d’ores et déjà une variable d’ajustement pour limiter notre impact sur le climat. Le nombre d’enfants par femme est passé au cours des soixante dernières années de 6 à 2,5 en moyenne. Contrairement à ce que nous pourrions penser, le deuxième facteur lié à la consommation par humain est celui sur lequel nous devrions consacrer le plus d’effort. A titre d’exemple, entre 1961 et 2007, les Etats-Unis et le Canada ont vu leurs populations augmenter de 39% alors que l’empreinte écologique a bondi de 160%. Comme le précisait Frédéric Julien, doctorant en science politique, dans un article pour le monde, la surconsommation est probablement le vrai risque pour l’avenir.

Et notre startup dans tout ça ?                                           

Nous avons créé Mon Petit Coin Vert il y a 1 an et demi avec pour mission de simplifier la culture de légumes et aromates et rendre le jardinage accessible, en ville comme à la campagne. L’idée étant de construire un projet au croisement de notre compétence en web et notre sensibilité écologique. Comme pour tout commerçant, nous sommes dépendants des ventes et donc de la consommation pour développer notre activité : payer nos collaborateurs, nos fournisseurs, améliorer notre site internet, développer de nouveaux produits etc. Aussi, le fait que nous dénoncions la surconsommation pourrait paraître antinomique, voir hypocrite. En premier lieu, la logique économique n’est pas la seule à considérer lorsque des décisions sont à prendre en tant qu’entrepreneur. C’est d’autant plus vrai lorsque l’entreprise est détenue à 100% par ses fondateurs. Comment justifier à un investisseur que nous ayons refusé un contrat pour des raisons éthiques ? Comment justifier le fait que nous ne fassions pas le Black Friday pour dénoncer la surconsommation ? Cette liberté nous permet, en tant qu’entreprise, de faire de Mon Petit Coin Vert une société responsable. En second lieu, il serait tentant de se réjouir d’une surconsommation frénétique puisqu’ « une bonne journée » dans l’esprit d’un commerçant est associée à un avenir radieux. Mais si c’est au prix de l’humanité, de la planète et des différentes espèces qui la composent, de quoi pourrions-nous nous satisfaire ? Nous préférons trouver un juste équilibre : une croissance saine, suffisante pour développer notre activité avec un impact moindre sur la planète. Selon le même schéma de pensé, de nombreux consommateurs se concentre sur ce dont ils ont vraiment besoin. Vivent-ils avec un niveau de confort inférieur et sont-ils moins heureux ? Pas le moins du monde, nous non plus !

Mon Petit Coin Vert rejoint le mouvement Green Friday

Pour joindre la parole à l’acte nous avons récemment rejoint le mouvement Green Friday. Il s’agit d’un collectif d’associations et d’entreprises dont l’objectif est de promouvoir une consommation responsable. Concrètement, les entreprises participant à l’opération ne proposent pas de réduction pendant le Black Friday et s’engagent à verser 10% du chiffre d’affaires de la journée au profit d’une ou plusieurs associations engagées. Nous avons choisir de verser notre contribution à « Les amis de la Terre ». Une association créée en 1970, présente dans 77 pays et comptant plus de 2 millions de membres. Sa mission ? Favoriser les modes de production et de consommation durable. L’association alerte les citoyens et les décideurs politiques et économiques tout en proposant des solutions alternatives sur des sujets d’une importance majeure : obsolescence programmée, utilisation agricole des sols Européen, étude sur l’impact écologique des gaz de schistes. Une association que nous sommes ravis de soutenir.

L'abonnement Mon Petit Coin Vert

L'abonnement Mon Petit Coin Vert

Des thématiques originales, des graines surprises et les conseils de notre professeur d’horticulture ! A partir de 12,90€ / mois.

Je découvre !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires.

6 + 15 =