La gestion d’un compost vous parait réservé aux experts ? Vous hésitez à vous lancer dans cette fabrication qui vous paraît compliquée ? Vous n’en voyez pas l’intérêt ? Vous pourriez bien changer d’avis puisque réaliser un compost n’est en fait pas si compliqué. Et cela vous permet de recycler de 25 à 40% de vos déchets tout en vous offrant un excellent engrais naturel pour vos plantes  On vous explique tout !

C’est quoi le compost ?

Il s’agit d’un engrais naturel, fait maison, qui est le résultat de la décomposition de débris organiques, principalement d’origine végétale. Des milliards d’êtres vivants (vers, insectes, champignons, bactéries) s’associent pour « détricoter » ces matières organiques issues de nos cuisines et jardins. Les plus gros sont les vers de terre, les plus petits – les bactéries- sont si minuscules qu’on en compte 5 à 7 milliards dans une poignée de compost. Il faut environ une année pour que les matières mises à composter soient utilisables par le jardinier.

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A ce stade, les matières jetées en vrac sur le tas ou dans le composteur (« composter », vieux mot français signifie « mettre ensemble ») ont subi une véritable métamorphose. Elles sont désormais de couleur brune, grâce à l’humus fabriqué, dégagent une bonne odeur de terreau forestier, se brassent à la main sans la salir et, surtout, contiennent des sels minéraux en quantité équilibrée (azote, phosphore, potassium, oligo-éléments…). Les plantes en raffolent, peu importe qu’elles poussent dans le potager, le verger, en bac, poterie ou en massif.

Pourquoi composter ?

1. Pour alléger considérablement le poids de ses poubelles et le nombre de rotations jusqu’au conteneur. 25 à 40% des déchets sont compostables.
2. Pour disposer d’un engrais naturel de qualité qui servira à fertiliser et améliorer la qualité du sol ou du terreau.
3. Pour mieux comprendre le cycle naturel de transformation d’une matière organique en une matière fertilisante. Les « déchets » d’autrefois deviennent une source de richesse, agronomiquement parlant.
4. Pour disposer de légumes et autres plantes saines, excellentes en cuisine.

L’art du compostage

Le savoir composter peut se comparer, toutes proportions gardées, au savoir du vigneron, du cidriculteur ou du boulanger. Il y est toujours question d’une matière première qui subit des transformations. Dans chacun de ces 4 cas des champignons sont impliqués sur un temps assez long et qui aboutit à l’élaboration d’un produit final de qualité.

Composter c’est, en grande partie, imiter ce que la nature fait.

L’exemple souvent cité est celui du sol forestier. Il est le résultat de la décomposition des feuilles, branches mortes, fougères desséchées, etc. Si les animaux et champignons du sous-sol forestier ne déchiquetaient pas cette matière, chaque automne, nous marcherions sur des mètres d’épaisseur de déchets végétaux qui s’accumuleraient année après année. Or, en quelques mois, chaque automne-hiver, les êtres vivants du sol recyclent cette énorme masse de matière organique brute, la transformant en un humus riche et de faible volume. Pourquoi n’en ferions nous pas autant avec les déchets que nous produisons ?

Matières vertes ou matières brunes ?

Pour se lancer dans l’élaboration d’un compost il faut commencer par identifier la matière que l’on souhaite composter. Pas besoin pour cela d’être biologiste. Un simple examen visuel est déjà porteur d’indices. Le jardinier qui fait son compost distingue les matières vertes des matières brunes.

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Les vertes contiennent davantage d’eau, d’azote ; de plus elles sont molles, souples. Ex : tonte de gazon, déchets de cuisine, engrais verts, algues, fanes issues du potager….

Les déchets bruns sont plus coriaces, riches en carbone, plus secs. Ex : feuilles mortes, déchets de taille de haie, paille, broyats de tiges et rameaux…

L’idéal, pour obtenir une bonne dégradation des matières mises au compost, est de mélanger matières brunes et vertes. S’il n’y a que des matières vertes (tonte de gazon par exemple), l’odeur, sous l’influence des bactéries qui vivent sans oxygène, va très rapidement devenir fétide. Vos voisins risquent de réagir très rapidement et la dégradation se fera très mal! S’il n’y a que des matières brunes (taille de haie), le tas va se figer sans aucune évolution ! Par manque d’azote et d’humidité les bactéries et autres mangeurs de détritus ne peuvent se mettre à table. Concrètement, en mettant au compost des matières aussi variées que possibles, à condition que l ‘épaisseur de chaque couche ne soit pas trop importante (5 à 10 cm de chaque matière suffit), il est impossible de le rater.

Quels déchets composter ?

Les éléments riches en azote à couleur verte dominante sont parfaitement adaptés et ils sont nombreux :


– déchets issus de la cuisine : épluchures de toute provenance, restes de plats, trognons de fruits, coquilles d’œufs, fruits et légumes gâtés, marc de café, thé, etc.
– tonte de gazon : à condition de ne pas la mettre en couche trop épaisse, sinon elle se liquéfie, ne sent pas bon et ne se dégrade pas convenablement par manque d’oxygène. Le gazon doit impérativement être associé à des déchets bruns, de cette façon la décomposition se fait dans de bonnes conditions.
– les mauvaise herbes : de même que pour le gazon, elles apportent de l’azote et aident à dégrader les branchages fins dans le compost.
– fumier : les jardiniers ne rechignent pas à incorporer un fumier issu d’un centre équestre ou d’une autre provenance ; le taux d’humus du tas de compost s’en trouvera boosté et la qualité du compost s’en trouvera améliorée.
– algues : les jardiniers proches du littoral peuvent à l’occasion d’une grande marée ramasser ces laisses de mer riches en azote et potasse. Se renseigner au préalable à la mairie du lieu afin de savoir si cette pratique est autorisée sur la commune. Éléments riches en carbone à couleur brune dominante
– feuilles mortes et fraîches, paille et foin vieux: ces matières sont idéales pour équilibrer un apport de gazon. En effet, riche en carbone elles laissent de la place à l’oxygène et, par ailleurs, l’eau contenue dans le gazon stimule la vie animale qui dégrade toutes ces matières.
– déchets de taille (haie, arbustes, vivaces, graminées, etc.) : il est nécessaire de les débiter en tronçons (environ 10 cm) ou mieux encore, de les broyer à la machine ; on obtient alors le « B.R.F. » (Bois Raméal Fragmenté) qui se dégrade plus vite et s’incorpore idéalement avec les matières vertes.
– carton, papier, copeaux de bois : quelques précautions sont à prendre dans ce cas de figure. L’encre du papier ne doit pas être toxique pour les bactéries et autres détritivores présents dans le compost ; les copeaux ne doivent pas être issus de bois traités ou exotiques. Dans tous les cas ces matériaux doivent être incorporés à de faibles doses.

Quels déchets éviter ?

– les déjections animales qui, outre leur odeur, peuvent contenir des agents pathogènes.
– les restes de nourriture animale : même si elle se décomposent bien lorsque le tas est régulièrement brassé, il arrive qu’ils attirent des rongeurs, chats et chiens.
– les déchets non dégradables : toutes les matières plastiques, boites de conserve, restes de Javel, lessive, graisse, huile, etc.

Où stocker le compost ?

Généralement les jardiniers placent leur « compostier » dans un endroit discret, ceinturé par un ou plusieurs murs ou par des planches de récupération (ou palettes). Ceux qui disposent d’une propriété plus vaste optent même parfois pour la solution la plus simple, celle qui consiste à déposer tous leurs déchets à composter à même le sol, en tas, qu’ils brassent alors facilement : cela fonctionne tout aussi bien ! Par ailleurs les composteurs du commerce existent sous la forme de modèles très variés, tant en volume (environ 300-500 litres pour une famille de 4 personnes) qu’en matière (bois, plastique). Et cela fonctionne très bien, même en ville ! Les communes en proposent parfois à prix réduit, avec, idéalement, démonstration du fonctionnement à l’appui.

Dans chacun des trois cas présentés, il est nécessaire de ne pas isoler le tas de la terre sous jacente (par une dalle de béton par exemple) car c’est par le sol que les vers de terre et autres décomposeurs feront leur apparition et débuteront le détricotage de la matière organique. La présence d’un couverture -bâche, vieille moquette, carton épais- posée sur le dessus du tas , en guise de couvercle, protège le compost des excès d’eau et de soleil.

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